CHRONIQUE DE « CATHARSIS » DU GROUPE MACHINE HEAD

CATHARSIS

Style musical : Thrash Metal
Date de sortie : 26 janvier 2018
Durée : 74 minutes
Label : Nuclear Blast

Tracklist :

1. Volatile | 2. Catharsis | 3. Beyond the Pale | 4. California Bleeding | 5. Triple Beam | 6. Kaleidoscope |7. Bastards | 8. Hope Begets Hope | 9. Screaming at the Sun | 10. Behind a Mask | 11. Heavy Lies the Crown | 12. Psychotic | 13. Grind You Down | 14. Razorblade Smile | 15. Eulogy

Membres du groupe :

Robb Flynn – Chanteur-Guitariste
Phil Demmel – Guitariste
Dave McClain – Batteur
Jared MacEachern – Bassiste

Discographie :

1994 : Burn My Eyes | 1997 : The More Things Change | 1999 : The Burning Red | 2001 : Supercharger | 2003 : Through the Ashes of Empires | 2007 : The Blackening | 2011 : Unto the Locust | 2014 : Bloodstone and Diamonds | 2018 : Catharsis

Clips vidéos :

Chronique écrite par Cédric Lombardo

Je débuterai cette chronique par un coup de gueule, oui j’assume pleinement… parce qu’avec tout ce que j’ai pu lire en amont concernant la critique de cet album, rien n’est subtilement analysé, rien n’est mis en valeur,… c’est du lynchage gratuit.

Toute façon aujourd’hui dans le monde du metal, dès qu’un groupe ou un artiste monte en notoriété, est présent sur les réseaux sociaux, essaie de faire évoluer sa musique histoire de ne pas être un stéréotype musical pendant toute sa carrière… c’est mal vu !

Et nous ne manquons malheureusement pas d’exemples, Metallica (avec le « Black Album » et le duo « Load » / « Reload » parce que ça n’est plus du vrai thrash), Lamb Of God (avec le fameux morceau « Overlord » parce que Randy « chante »), Gojira (avec « Magma » parce que Joe chante souvent en voix clair et pour les ambiances planantes) et Machine Head accessoirement depuis la fin de la période « The Blackening ».

Ok les gens, donc lorsque l’on est un groupe, il faut se fixer une ligne directrice au départ et ne plus jamais s’en écarter, ou évoluer ? Hyper restrictif non pour une soi-disant communauté « ouverte » et « anti-conformiste » non ?

Le fait d’aimer ou ne pas aimer un album, et dans notre cas, cet album, tout le monde peut le comprendre. Mais être en mode hater juste parce que je ne sais quelles raisons… je n’arrive définitivement pas à saisir le concept…

Pour ma part, même si j’ai clairement aimé cet album, cela ne m’empêche pas d’avoir des doutes de crédibilité ou des instants d’incompréhension face à un morceau ou à un passage. Pour info, et par définition, ceci s’appelle « savoir être constructif ».

Ah oui, et une petite information complémentaire… Contrairement aux fameux haters qui ont réagi sur les réseaux sociaux, à peu près 37 secondes, après la sortie d’un nouveau titre, d’un nouveau clip vidéo ; pour ma part, j’ai attendu presque deux mois afin de m’imprégner de chaque titre, de l’ambiance globale qui se dégage de cet album. Le CD (oui j’achète encore des CD en 2018) a tourné pendant plusieurs périodes dans la voiture, à la maison, au bureau,… Vous voyez ? Histoire de prendre le temps de comprendre et d’apprécier. Mais bon, que voulez-vous… ? Aujourd’hui, tout doit aller vite, les critiques sont fulgurantes, les avis sont creux et pauvres… mais « il » aura été le premier à le donner. Pathétique…

Voilà, j’ai terminé mon coup de gueule. Maintenant essayons de décortiquer un peu ce nouvel opus que nous ont pondu le quatuor californien en ce début d’année 2018.

1. « Volatile »

Le premier morceau ouvre l’album de manière très franche, très directe et sans fioritures. Beaucoup de pêche et d’énergie pendant toute sa durée. Les riffs et le phrasé du chant pendant les couplets me font penser à du Slipknot, et le rendu est très appréciable.

Le refrain est entêtant et efficace. Apparemment, les musiciens ont fait le choix de mettre en avant une ligne mélodique jouée aux guitares et la basse s’occupant des fondamentales. Ce qui créé un rendu assez aéré.

Le break au milieu du morceau me fait penser un riff tordu à la Gojira, le riff est agrémenté d’harmoniques artificielles et de pick scrapes. Niveau solos, comme d’habitude, ça fait bien le boulot sans pour autant être exceptionnel.

Morceau simple et allant droit au but dans l’ensemble. Personnellement, étant habitué aux morceaux assez épiques et puissants dans les albums de Machine Head (« Davidian », « Imperium », « Clenching The Fists Of Dissent », « I Am Hell », « Now We Die »), j’aurais plutôt fait le choix d’ouvrir avec « Catharsis », « Heavy Lies The Crown » ou « Psychotic ».

2. « Catharsis »

La pièce maîtresse de l’album. Une introduction bien chiadée comme sait bien le faire Robb, avec des violons, des chœurs,… Et là, on croit que ça va partir de suite… et bien non ! Juste le temps de prononcer les mots « You’re there to watch me crumble » sur un fond atmosphérique qui dure à peine 3 secondes, que le morceau démarre pour de bon. Pour ma part, je trouve ce choix d’arrangement extrêmement intelligent et surprenant.

Les couplets sont en deux parties, la première est basée sur une mélodie lead qui tourne en boucle et la deuxième sur un riff plutôt simple qui laisse les textes de Robb prendre la place.

Le refrain reste dans la tête dès la première écoute, un legato qui tourne en boucle avec de gros accords plaqués par-dessus et le chant très mélodique et Arrive l’heure du break, riff bien lourd annoncé avec plein d’effets dont Machine Head a l’habitude (flanger, phaser,…). Très grosse claque ce riff ! D’ailleurs ça tombe bien, car il revient en guise d’outro, en encore plus pachydermique et chaotique afin de clôturer.

Pour ma part, c’est le morceau que j’aurais mis en ouverture d’album. Il annonce la couleur, il annonce une nouvel ère en termes d’arrangements mais le plus important est que c’est assumé jusqu’au bout.

3. « Beyond The Pale »

Le premier morceau présenté un peu avant la sortie de l’album. Le morceau qui a commencé à ouvrir les portes à tous les haters. Mais bon, on commence à avoir l’habitude maintenant…

Celui-ci débute par un plan en fade in, plutôt néo-classique à mon sens, à deux guitares harmonisées, histoire de nous mettre dans l’ambiance. On remarquera par la suite que ce plan fera aussi office de pré-refrain.

Vient alors le main riff. Là, les critiques commencent ! Bon apparemment ce serait quasi-exactement le même riff que « Love » de Strapping Young Lad (groupe de metal canadien). Bon… et bien perso, je ne connaissais pas ce groupe, donc comment vous dire ? On s’en tape ? Moi en tout en cas, je m’en tape ! Comme si c’était le premier cas au monde de riff similaire au sein de plusieurs différents groupes. Allez sur YouTube et tapez « The most ripped off metal riff » et puis ne nous faites plus chier avec vos critiques à la con. Pour revenir à ce riff, il est efficace, groovy, simple et c’est tout.

Petit coup de cœur pour le refrain, basé sur le main riff. La mélodie du chant sur « Beyond The Pale » est super sympa. Ça c’est vraiment le passage ou en live, tout le monde chante en chœurs et ça ne peut que fonctionner.

On en vient ensuite avec un petit pont ambiant type Machine Head, encore un plan typé néo-classique à deux guitares, puis arrive le moment des solos. Bon on ne va pas se mentir, le principe hyper cool des questions/réponses à deux guitares est toujours sympa, surtout lorsque la guitare qui ne fait pas le solo, ne fait pas une rythmique mais une ligne mélodique… et hop on inverse les rôles, et hop on ré-inverse les rôles… Mais bon, juste entre nous hein… c’est du « Aesthetics Of Hate » réchauffé et en beaucoup moins bien et beaucoup moins inspiré.

Tout ça pour dire que le morceau n’est pas exceptionnel, il manque même parfois d’inspiration et de créativité mais bon il est assez court et concis. On leur pardonne ?

4. « California Bleeding »

Bon, histoire de prévenir, concernant ce morceau je vais vraiment avoir du mal à écrire ne serait-ce quelques lignes. Je n’ai pas tellement saisi la démarche… Alors d’après ce que j’ai pu lire, les textes sont assez rageurs et parlent apparemment du trafic de drogue en Californie et des riches qui en bénéficient. Bon ok. Comment vous dire ? Ça sonne très rock californien (forcément) et c’est abouti musicalement. Mais là où j’ai du mal, c’est le fait que je ne trouve aucune compétence « machineheadienne » mis en avant dans ce morceau.

A 3:15, le quatuor essaie de placer un break hyper lourd avec des pick slides, des bends sur la grosse corde… mais on n’y croit pas. Car les jeux sont déjà faits depuis le début du morceau.

5. « Triple Beam »

The Burning Red rising ! Robb se remet dans la peau du rappeur West Coast dans les rues malfamées d’Oakland. Alors je vous préviens, au niveau musical, rien de compliqué, rien de progressif, rien de mélodique. C’est du brut de décoffrage, mais à mon sens, hyper bien arrangé. Une ligne de basse omniprésente qui tient le morceau du début à la fin, des petites notes de guitares par ci par là qui font très arrangement rap US, les refrains sont hyper lourd et groovy.

Au milieu du morceau, on nous sert un petit pont avec une envolée vocale de Robb assez perchée dans les aigus, ça fait contraste avec le reste, c’est assez court, donc ça passe bien.

Malgré ma faible culture en rap metal (Limp Bizkit, Korn,…), je me suis vraiment surpris à bouger la tête du début à la fin du titre. Un petit retour aux sources pour le quatuor dans une ambiance « The Burning Red » et « Supercharger », pari réussi haut la main !

6. « Kaleidoscope »

Alalala…décidemment les haters sont toujours prêts à bondir à la moindre occasion, à la moindre faille, à la moindre erreur… ça prouve quand même qu’ils n’ont pas grand-chose à faire à côté, à croire que leur but dans la vie : c’est d’être le duo de critiques dans l’émission « On n’est pas couché » sur France 2. Première faille sur laquelle les haters ont surgi, le clip. Le groupe a fait le choix d’une vidéo très, voire extrêment kitch, d’effets psychédéliques, d’effets de mirroir, d’effets de symétrie, de trop-plein de couleurs vives limite « Flower Power ».

Deuxième faille, le fameux clap clap clap clap au début du morceau. Bon ok, le choix n’était pas tellement judicieux, voire même à en devenir parodique. Mais bon, faut quand même arrêter le tir, cela ne dure que 13 secondes.

Donc voilà, le morceau est complètement nul pour ces deux raisons, le résultat que l’on obtient avec les haters et c’est bien triste et pauvre : un clip vidéo jugé mauvais + claps intempestifs de mains en intro = titre à jeter à la poubelle.

Et bien figurez-vous que non. Ce qui me fait doucement rire, c’est que les personnes qui ont crier au génie pour « Night Of Long Knives » dans l’opus précédent, sont les mêmes qui critiquent ce morceau. Alors désolé de vous décevoir, mais c’est exactement le même esprit, le même genre de riff, de refrain entêtant,… le tout en un peu moins sombre. Pour faire bref, les couplets ont la pêche, c’est du thrash. Gros coup de cœur pour le pré-refrain très court « I walk along a lonely road », pour ma part je suis hyper fan de la ligne de chant sur cette phrase, elle amène hyper naturellement le refrain. Refrain qui d’ailleurs encore une fois, bien composé. La mélodie reste en tête facilement. On passe à l’outro ? Ou devrais-je dire le riff du refrain modifié de « Imperium » ? Héhé je taquine, mais c’est un peu ça.

Morceau qui tient bien la route dans l’ensemble, mais je n’ai pas été surpris.

7. « Bastards »

Ah ben tiens, encore un morceau qui a suscité débat. Bon on va être clair, ça ne ressemble pas à du Machine Head mais…….. c’est surprenant ! Et surprenant dans le bon sens du terme. Pour ma part, comme pour beaucoup de monde, cela fait penser au groupe de punk/rock celtique Dropkick Murphys. Je trouve le résultat assez réussi dans l’ensemble. On attendait clairement pas le groupe sur ce terrain, mais du coup l’évolution vers ce genre de choix artistique, surtout lorsqu’il est ponctuel et exclusif, est assez intelligent et appréciable.

Question musique, le morceau s’ouvre sur un plan de tapping joué en boucle, sur lequel vient se greffer un guitare acoustique jouant des accords très simples et la voix calme de Robb. A la première écoute, on dirait une petite ballade typée très américaine. Puis on met un petit coup de disto sur ces accords, une bonne grosse caisse régulière sur tous les temps et une voix un peu plus énervée… et voilà on a un morceau bien punk/rock avec une production très aboutie et propre.

Niveau textes, Robb y parle tout simplement de son dégoût vis-à-vis de l’élection de Donald Trump en tant que président des Etats-Unis, notamment aux rednecks du fin fond des campagnes qui se sont mis à aller voter subitement.

En tout cas, morceau très sympa et accessible pour les néophytes.

8. « Hope Begets Hope »

Pour ma part, c’est à partir de ce titre que l’album atteint son niveau supérieur. Les sept titres précédents, mis à part peut-être « Catharsis », ne sont qu’une introduction au dernier opus de Machine Head.

Ce titre débute par un break de batterie sur lequel est appliqué une sorte de filtre d’effet flanger, et bien sur moi, ça a fait son effet héhé ! Le main riff qui suit est une tuerie, on reconnait parfaitement la patte Machine Head. Les couplets sont basés sur des guitares en son clean et une voix claire. Le refrain reprend tout simplement le main riff, mais vu qu’il est vraiment trop bien, rien de gênant. Bon vers 3:30 on peut entendre un petit battle de guitares qui nous refait penser à un plan similaire sur « Be Still and Know », est-ce vraiment dérangeant ? Non, encore une fois, car cela ne dure que 10 secondes.

Très bon morceau qui fait bien débuter la seconde partie de l’album.

9. « Screaming At The Sun »

Morceau qui mérite vraiment à être connu et reconnu. Le titre s’ouvre sur une mélodie de voix aux aspects plutôt orientaux je trouve, avec le main riff qui vient tout balayer sur son passage de suite après. Les couplets sont basés sur ce même riff, mais joué de manière beaucoup plus syncopé, une tuerie ! Le refrain reprend ces voix qu’on l’on avait en introduction, avec la voix de Robb en chant clair entre ces dernières.

Break du milieu avec pas mal d’harmoniques naturelles dont on commence à avoir l’habitude, avec des envolées vocales et instrumentales, pour enfin arriver au solo.

Même si je me dois de rester objectif sur cette chronique, je ne peux vraiment pas vous cacher que c’est un de mes titres préférés de cet album.

10. « Behind A Mask »

Petit bijou de cet album. Morceau acoustique, planant et mélancolique. Des arrangements subtils et des harmonies vocales merveilleuses tout au long du morceau. La voix de Robb est vraiment magnifique et aboutie, entre temps, il nous avait déjà habitué à ce genre de compétence dans le passé (« Descend The Shades Of Night », « A Farewell To Arms », « Darkness Within », « Sail Into The Black »).

Le morceau monte en intensité grâce à l’ajout de plusieurs couches d’arrangements mis en place de façon intelligente et progressive. Et là, oh ?! Un solo de guitare acoustique ! On s’attendait tellement à un solo classique avec de longues notes tenues et des bends à foison… et ben non ! Agréablement surpis, car on aurait tendance à penser que ce type de choix pourrait faire chuter l’intensité du morceau… pas du tout. Clairvoyance ? Hasard ? Coup de génie ? On n’aura sans doute pas la réponse, ou du moins, pas de suite.

Le titre n’a pas pour but d’être une « masterpiece » hyper chiadée, progressive et longue, un peu comme dans l’album précédent avec « Sail Into The Black ». Le morceau a juste sa place ici, concis, intimiste, mélancolique et très travaillé. Bijou de composition !

11. « Heavy Lies The Crown »

Morceau le plus long de l’album, qui avoisine les 9 minutes. Pour ma part, j’ai eu le sentiment que ce morceau a été composé entre « Unto The Locust » et « Bloodstone & Diamonds ». Ce titre a un côté épique tout en étant rentre-dedans.

On nous sert une introduction chiadée avec des violons et violoncelles qui se superposent de manière progressive, sur laquelle Robb vient placer une voix chuchotée/énervée. Toute la première partie du morceau est très atmosphérique, comme si l’on avançait dans de la brume… en tout cas c’est l’impression que cela m’a fait.

Et cette brume s’estompe quand rentre le riff principal, basé sur le thème de l’introduction. Le refrain alterne passage haut perché mélodique et riff principal, je trouve cela très réussi.

Plusieurs breaks très efficaces ainsi que les solos s’enchaînent, un petit battle de guitares avec la basse en fond, avant de revenir sur le thème principal pour clôturer le morceau.

On sent vraiment la patte Machine Head sur ce titre, en tout cas la patte qu’il ont souhaité développer à partir de 2011 avec « Unto The Locust », à savoir le côté épique, le côté cordes frottées, le chant qui monte assez haut,… Pour moi c’est clairement réussi, ce titre est une masterpiece de cet album !

12. « Psychotic »

Rester objectif, rester objectif, rester obj… dans mon top 3 des titres sur cet album ! Désolé héhé ! Le morceau s’ouvre sur un riff très typé oriental, appuyé par les gros toms de notre ami Dave. Les couplets respectent eux aussi la gammes phrygienne orientale en jouant un plan sur une seule corde. Le refrain reprend le main riff avec le chant de Robb qui base sa mélodie vocale sur les notes du riff, choix judicieux !

A 3:05, le quatuor nous offre un break très djent, très lourd. D’ailleurs si l’on tend un peu l’oreille, à 3:11, on peut même entendre un bruitage de chargement de pistolet, subtil n’est-ce pas ?

Le titre s’achève sur un refrain un peu modifié avec une batterie plus aéréé. Et une tuerie de plus !

13. « Grind You Down »

Ce morceau m’a clairement fait penser à la période « Through The Ashes Of Empires », et dans le bon sens du terme. Et en y ajoutant certaines petites évolutions, on arrive à un titre assez efficace.

Durant les couplets, le chant est limite chuchoté, une guitare lead joue une montée en boucle, tout cela ponctué par de gros accords saccadés.

Refrain en deux parties. Première partie assez lourde avec d’ailleurs de très gros growls très caverneux en chœurs sur « Grind You Down », presque une première pour Robb (même s’il avait déjà subtilement introduit le concept sur l’outro de « Eyes Of The Dead » sur l’album précédent. Deuxième partie avec un chant haut perché, j’aime moins. On n’y croit pas vraiment je trouve. Peut-être aurait-il fallu rester sur du gros son… ?

Bref, cela n’est pas grave car ce n’est pas l’essence de ce titre. Mais dans l’ensemble assez sympa et qui rappelle le début des années 2000 pour Machine Head.

14. « Razorblade Smile »

Le titre qui met le smile ! Tiens ça tombe bien, il s’appelle « Razorblade Smile » héhé ! Ce morceau tabasse clairement du début à la fin ! Quand je l’écoute, j’entends Motörhead et « Stone Cold Crazy » de Queen. Les riffs sont excellents, la basse est lourde et présente, le débit de paroles et interminable ! Les arrêts soudains laissant juste le chant de Robb débiter sont terriblement efficaces et font leur effet.

Le titre commence par un break de batterie qui fait clairement penser à l’introduction de « Painkiller » de Judas Priest, ça déboite ! D’ailleurs, profitons-en pour tirer le chapeau au mixage de la batterie, le son des toms notamment est tout simplement superbe. L’essentiel de ce titre est basé sur le main riff, qui comme je le disais, rappelle nettement le style de riff à la Motörhead.

Au milieu du morceau, arrive un break… par tous les saints ! Mais quel fuckin’ break ! Un riff mid tempo qui défonce tout ! On repart ensuite sur un couplet, refrain, pour après revenir sur ce break. Effectivement, pas beaucoup de riffs sur ce titre. Mais l’essentiel est là, en mettre plus aurait gâché le morceau.

Lemmy et Freddie doivent certainement headbanger dans leurs tombes ! Si c’est un hommage, alors c’est réussi !

15. « Eulogy »

Titre « alien » de l’album. Et ce terme est loin d’être condescendant. Je trouve que le fait de clôturer cet album par ce genre de composition est assez risqué, en tout cas, si cela est mal fait.

Le morceau s’ouvre sur des voix assez angéliques, comme si l’on se trouvait à l’intérieur d’une église. Ces voix s’harmonisent sur un bourdonnement en fond. Le voix de Robb vient se poser sur cette atmosphère très planante.

Puis arrive le refrain, ou du moins, la partie qui revient de façon récurrente. Oh ? J’ai déjà entendu ça il me semble… Et oui, ce sont les accords et les paroles du refrain du titre « Bastards » joués de façon beaucoup lente et langoureuse. Enormément d’effets de type flanger sur les sons clean des guitares sur ce refrain qui rend le passage très « aquatique ». On tombe très vite dedans et on peut avoir certains frissons je vous assure.

La deuxième partie du titre reprend la même structure mais avec une voix plus éraillée, de la distorsion sur les guitares et une batterie discrète qui fait son entrée sans trop déborder.

Conclusion en fade out sur ces voix célestes, l’ambiance retombe jusqu’au silence total. Super trouvaille du groupe, moi en tout cas, je suis clairement charmé.

Conclusion :

Pour résumer, en écoutant cet album plusieurs fois, j’ai eu l’impression que ce dernier se divise en deux parties. Pour moi, la première (de la n°1 à la n°7) englobe les « tubes » (clips vidéos, présentation du nouveau morceau, titres « lights » et « abordables »), même si attention, il y a de très bon morceaux comme par exemple « Catharsis » et « Triple Beam ». La deuxième partie (de la n°8 à la n°15) contient, elle, des titres beaucoup plus travaillés, efficaces et profonds à mon sens.

La production est vraiment très propre. Le son des guitares est puissant, incisif mais sans être compressé à mort comme font certains groupes actuels. Si l’on tend l’oreille, on peut entendre parfois certaines attaques au médiator, mais pour moi, ça donne un côté vivant et naturel.

Le son de la batterie est énorme. Depuis l’album « Unto The Locust », le son des toms est d’une pureté indéniable. Le son des cymbales ne déborde pas et ne rend pas incompréhensible le reste.

Concernant les arrangements, c’est vraiment du lourd. C’est toujours recherché, subtil, et à chaque fois, il y a vraiment une vraie plu value. Alors certes, à des moments cela peut être cheap… mais on s’en tape, ça fonctionne !

Niveau atmosphère générale, je trouve que cet album sonne très « californien ». Je ne sais pas, le son, la dynamique, l’intention, l’énergie, les textes,… Est-ce que cela a été voulu ? Je n’en sais trop rien.

En tout cas cela fait très punk/rock californien par moment, mais sur un fond de toile métal Machine Head bien entendu. Et je trouve que le groupe a subtilement introduit cette énergie au cours de l’album précédent avec des titres tels que « Game Over » ou « Take Me Through The Fire ».

Je pense que cet album est un peu le rendez-vous et le retour aux sources de plusieurs albums passés de Machine Head. A l’écoute de certains morceaux, on se croirait dans la fin des années 90 et le début des années 2000, avec une production beaucoup plus aboutie, plus propre, mais surtout plus mûre.

« Mûre » est vraiment un mot qui caractérise assez bien cet album. Au cours d’une vie, nous grandissons, nous mûrissons, nous testons, et nous apprenons de nos erreurs. Et bien un groupe, ce sont des musiciens, qui sont des être humains, qui évoluent, qui essaient, qui ne restent pas figés dans leur « cocon » musical car ce dernier leur assure la sécurité de leurs et de leur notoriété. Et tant mieux d’ailleurs… sinon à quoi bon être un « artiste » ?

Note : 8/10

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