BEHIND THE SCENES : INTERVIEW DE YANN LE BARAILLEC (MOTOCULTOR FESTIVAL)

Crédit photo : Motocultor Festival

Entretien avec Yann, directeur et programmateur du Motocultor Festival

Salut Yann, merci d’avoir accepté cette interview, pour ceux qui ne te connaissent pas encore, peux-tu te présenter en quelques lignes ?

Hello ! Je suis Yann Le Baraillec, directeur et programmateur du Motocultor Festival. J’en suis  également le fondateur.En 2006, avec des amis j’ai créé le groupe Motocultor, un groupe reprenant de grands classiques de metal ainsi que des reprises de tubes disco en version metal et des génériques de dessins animés; par exemple : In the Navy des Village People, Hotstuff de Donna Summer, Tortue Ninja et Denver le Dernier dinosaure. Je suis bassiste du groupe et j’organisais régulièrement des concerts : mon but ultime était un jour d’organiser un festival en Plein Air. Au fur et à mesure, le projet de groupe et mon envie d’organiser un festival ont fusionnés. En 2007, le groupe Motocultor a créé son propre Festival qui depuis grandit d’année en année. 

Combien êtes-vous à travailler avant et pendant le festival ?

Tout au long de l’année, nous somme deux à travailler en permanence, Yves, qui est chargé de production, et moi, ainsi qu’une personne en service civique ou en stage ; durant les mois qui précédent, l’équipe monte à  cinq dans les bureaux avec des postes en administration et régie générale. Le jour du festival, 800 bénévole sont mobilisés, ajouté aux personnes en intermittence et salariées (en production, son et lumière, agents de sécurité, secouriste, régie technique etc…).

Cette année, le Motocultor Festival va souffler sa dixième bougie grâce notamment au crowndfunding que tu as organisé en décembre dernier. En 3 mois de campagne, ton association a pu récolter 66 331 euros grâce à la participation de 830 donateurs. Comment as-tu vécu cette année délicate pour le festival et t’attendais-tu à un tel soutien de la part du public ?

Et oui, cette édition anniversaire amène son lot d’exigences, on a bien en tête qu’il faut que ça soit au moins aussi bon que les deux dernières années. Pour le crowdfunding, après avoir épuisé les solutions financières dans notre cercle proche les années précédentes, on s’est dit qu’on allait parler exceptionnellement de nos difficultés au public de manière transparente, même si ce n’est pas quelque chose que j’aime faire. Après l’édition 2016 et la conférence de presse on a commencé à déblayer le terrain en expliquant que l’avenir était incertain. Et spontanément les festivaliers nous ont motivés à faire le crowdfunding. Donc on y a réfléchi, et on s’est dit que le bon moment pour le lancé serait en fin d’année. Je ne m’attendais vraiment pas à un tel résultat, c’est vraiment incroyable qu’on ait réuni une telle somme. Quand je vois déjà le retour des élus sur le crowdfunding, tout le monde a été agréablement surpris, surtout par les montants. Ça ne peut que rassurer et ça montre qu’il y a un attachement fort du public sur notre festival, ça ne peut être que positif. Je ne me rends pas compte de l’impact que ça va avoir mais ça va aider pour les négociations. Je crois en ce festival depuis 2010 et le crowdfunding me motive à 100% et ça me donne envie de faire une édition de plus. Là il faut qu’on trouve une solution et on a l’élan nécessaire pour pérenniser le festival.

En plus de cela, les internautes ont désigné aux Festivals Awards, le Motocultor Festival comme le 2ème meilleur festival de taille moyenne. Est-ce une fierté pour toi de recevoir cette distinction de la part des festivaliers ?

Nous étions premiers en 2015 et nous avons été élu deuxième en 2016 dans notre catégorie, c’est une forte reconnaissance, particulièrement appréciable. Cela reste surprenant d’être considéré au même niveau que des gros festivals comme le festival du Bout du Monde. Cette distinction nous permet beaucoup de visibilité car relayé par les journaux nationaux, et c’est un beau coup de projecteur pour le festival !

Quelle est la partie la plus compliquée à gérer pour un festival comme le Motocultor, les groupes ? Les infrastructures ? La sécurité ?

Trouver des groupes prend du temps mais c’est plus facile aujourd’hui avec la notoriété acquis du festival. En termes d’infrastructure ça peut être complexe mais nous avons de bonnes équipes de bénévoles et de salariés pour gérer ça. La sécurité restera toujours à prendre au sérieux. 

Le déficit important que nous avons eu en 2010 et qui s’est aggravé avec l’absence de terrain fixe jusqu’en 2013 a créé de grosses difficultés pour nous pour le développement et la pérennisation du festival.

Organiser un festival de nos jours est-il plus compliqué qu’il y a 10 ans ?

Il y a dix ans, on organisait un festival en salle sur une soirée avec 10 groupes pour quelques centaines de spectateurs. On ne peut pas comparer ce qu’on fait aujourd’hui et ce qui se faisait il y a dix ans. L’esprit est le même mais cela a bien grandit.

Depuis 2013, le Motocultor se déroule dans la commune de Saint-Nolff. Comment le festival a-t-il été accueillis par les habitants ? Sont-ils fiers d’avoir un grand festival chez eux ?

Lors de notre arrivée à Saint-Nolff, les habitants avaient déjà un avis plus tôt favorable car ils avaient eu de bons échos de ce que nous avions fait avant sur d’autres communes. On est transparent et on communique beaucoup avec les riverains. On fait participer le centre-bourg et les commerçants soutiennent fortement le festival. La mairie de Saint-Nolff nous soutient fortement et nous aide énormément. 

Est-ce un avantage ou un inconvénient d’avoir un festival comme le Hellfest à 150 km du sien ?

Le Hellfest nous a souvent prêté du matériel et donné des conseils. Parfois, c’est difficile d’avoir des groupes à cause de cette proximité mais c’est le jeu.

Le festival organise également le Motocultor Online Contest avec comme récompense pour les 3 groupes sélectionnés, la chance de jouer pendant 40 minutes sur la plus grande scène du festival, la Dave Mustage. Est-ce important pour toi de donner un coup de pouce aux « petits » groupes et que penses-tu en générale de la scène émergente Hard Rock / Metal en France ? Est-elle assez représentée selon toi ?

Notre tremplin, permet aux groupes de jouer sur la scène principale juste avant les têtes d’affiche et non en ouverture de journée. La scène française est très riche et en dehors des tremplins organisés chaque année depuis 2011, on programme aussi directement de jeunes groupes tous les ans.

En ce qui concerne la programmation, il y a un « ovni » dans l’édition 2017 avec la présence de la chanteuse GiedRé. Comment t’es venue cette idée et a-t-elle accepté facilement de venir jouer au Motocultor ?

Tous les ans on essaye de programmer un groupe « OVNI ». Par son humour décalé, Giedré correspond tout à fait à l’esprit du festival ! On m’avait écouté il y a plusieurs années. Elle a accepté très rapidement de venir.

Actuellement, il reste encore 26 groupes à dévoiler pour cette édition 2017 (une annonce a été faite le 13 juin après l’envoi de l’interview). Quand allez-vous annoncer la suite de la programmation et peut-on avoir un ou deux groupes en exclusivité ?

A présent il nous reste 15 groupes à annoncer dont quelques groupes à confirmer avant de pouvoir faire l’annonce finale.

Des surprises sont-elles prévues pour cette dixième édition ?

On a plein d’idées de surprises mais ce n’est pas certain que ça puisse dès 2017. Wait and see…

Parlons un petit peu de toi, à partir de quel âge as-tu commencé à écouter du Metal ?

A l’âge de 10 – 12 ans j’écoutais plein de styles de musique différents et j’aimais beaucoup AC DC, DEEP PURPLE, LED ZEPPLIN et QUEEN. Je me suis réellement mis à écouter du Metal après l’âge de 20 ans en écoutant DEVIN TOWNSEND, FAITH NO MORE, METALLICA, NIN, PANTERA, JUDAS PRIEST et RAMMSTEIN

As-tu un style de Metal de prédilection ?

Le grunge ALICE IN CHAINS, MAD SEASON et PEARL JAM ! Dans le Metal, j’écoute de tout et dans beaucoup de styles différents : SHINING (NO & S)  / KYUSS / REGARDE LES HOMMES TOMBER / STRAPPING YOUNG LAD / CARPENTER BRUT / TOOL / WARDRUNA / TENACIOUS D !

En dix ans, quel a été ton meilleur et ton pire souvenir du festival ?

L’un de mes meilleurs souvenirs est d’avoir pu voir l’ensemble du groupe SODOM porter le t-shirt de notre festival lors de leur concert en 2010 sur notre première édition en Plein Air. L’un des pires souvenirs, est lorsque que l’on s’est retrouvé à trois (trois membres du groupe Motocultor) pour finir de tout ranger le site du festival en 2012. 

Beaucoup de groupes nationaux et internationaux ont foulé les scènes du Motocultor, as-tu encore des groupes que tu rêverais de faire jouer à Saint-Nolff ?

La plupart des groupes que j’aime ne pourront jamais joué sur notre festival. Je rêvais de programmer DEVIN TOWNSEND et  ce sera fait cet été ! De manière réaliste, je pense que cela pourrait être jouable de  faire jouer un jour des groupes comme MAXIMUM THE HORMONE / MEGADETH / KILLING JOKE / SLAYER !!

Hormis la musique, as-tu d’autres passions ?

J’adore faire des courts métrages en amateur avec des amis. D’ailleurs l’an dernier, on a fait le court-métrage « Motocultor Night Fever » avec des gens de l’équipe du festival.  Ça parle de quatre festivaliers qui se retrouvent confrontés à des zombies … Vous pouvez trouver les vidéos sur notre page Youtube « Motocultor ». 

Merci beaucoup d’avoir pris le temps de répondre à mes questions Yann. Veux-tu rajouter quelques mots pour conclure ?

Je vous donne rendez-vous pour la dixième édition les 18 / 19 et 20 août prochains !

Merci beaucoup à Yann pour sa disponibilité ainsi qu’à Jessica. Vous pouvez retrouver le festival Motocultor sur :

Facebook : https://www.facebook.com/pg/MOTOCULTOR.FESTIVAL.OpenAir/

Twitter : https://twitter.com/MotocultorFest

Instagram : https://www.instagram.com/motocultorfest/

Site web : http://www.motocultor-festival.com/

Les pass 3 jours et à la journée sont toujours disponibles à l’adresse suivante : http://www.digitick.com/ext/billetterie5/index.php?site=motocultor

Voici l’affiche de l’édition 2017 qui se déroulera du 18 au 20 août à Saint-Nolff

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